Site Overlay

La recherche d’emploi « agile »

J’ai décidé d’appliquer l’agilité à ma recherche d’emploi. Bien entendu ce travail vient encadrer des actions classiques (CV, lettres, réseaux…). Voici le REX après quelques mois, centré sur la partie agile.

Le produit c’est vous !

Tous les consultants RH, les livres etc. vous le diront : le produit c’est vous. Et c’est un point complexe pour appliquer l’agilité, le produit est construit, certaines features sont en cours (formation, certifications…) mais l’essentiel est là et vous n’aurez pas le temps de le changer du tout au tout.

A ce titre, et à la différence d’une démarche product classique, il est ici nécessaire de commencer par connaitre le produit avant de réfléchir aux problèmes qu’il pourrait résoudre et pour qui. On inverse donc le process naturel.

Vous êtes riches de tout un tas de fonctionnalités, savoir-faire et savoir être. Tout le challenge va être d’analyser objectivement le produit, la fameuse transparence condition obligatoire de l’agilité, et de définir la vision. D’où partez-vous ? Où voulez-vous aller ? Le tout sans tabou, sans limite… Par exemple pour moi, il est apparu assez rapidement que je voulais changer, pivoter vers l’agilité justement.

Pour y arriver, j’ai adapté une méthode « design thinking » dont voici les étapes suivies et leur équivalent :

  • Empathize : ce que je sais, ce que je pense de moi, mais aussi ce que mes anciens collègues ou amis peuvent m’apprendre.
  • Define : ce que je veux.
  • Ideate : ce que je peux (mes points de force et mes faiblesses).
  • Prototype : quels discours, quels arguments principaux.
  • Test : confrontation des arguments avec mes proches, mes anciens collègues, mes amis.

En fin de phase, j’ai travaillé plusieurs elevator pitch en suivant le schéma proposé dans « The professionnal product owner »

https://www.scrum.org/resources/professional-scrum-product-owner-book

POUR [la cible] QUI [ce qu’elle veut, ce dont elle a besoin] JE SUIS UN [poste recherché] QUI [votre bénéfice principal]. CONTRAIREMENT AUX AUTRES CANDIDATS [leur qualités ressenties] JE [votre ou vos avantages]

Phase exploratoire : les Maps vous aident

A présent que la vision est claire, il est nécessaire de s’intéresser aux publics, à leurs motivations, leurs attentes.

J’ai commencé par définir mes « interlocuteurs», certains étaient des cibles pour moi (les ESN, start up et entreprises, cabinets de recrutement), d’autres des appuis (le réseaux et plus particulièrement les personnes proches du métiers visé dans celui-ci).

Ensuite j’ai cherché au global les attendus pour chacun des postes que je visais. Ici c’est assez simple, il y a les annonces.

Je me suis aidé de mindmap, et de l’outil Xmind zen, pour mieux visualiser les différents éléments. Sur la base de l’analyse d’une trentaine d’annonces, j’ai pu cartographier les attentes du marché, pour un product owner par exemple, divisés en 4 categories : compétences, soft skills, outils et missions. Un travail très utile pour choisir les « bons termes » dans le CV. Le résultat ci-dessous :

Pour chacun de mes interlocuteurs j’ai ensuite défini des objectifs, l’idée ici était d’avoir une vision assez globale des actions à mettre en œuvre, du travail à effectuer. Ici aussi j’ai cartographie l’ensemble, en classant les items sur la base de ce que j’en attendait, une sorte d’impact map au final.

La mise en œuvre

Ce travail préparatoire terminé, il s’agit maintenant de mettre en œuvre les actions en suivant et adaptant autant que possible une démarche agile.

L’équipe autogérée n’est pas forcément le point le plus facile

L’équipe se compose d’une personne, et elle est forcément autogérée 😉 Malgré les apparences ce point n’est pas le plus simple.

Être à la fois le stakeholder, le Scrum Master, le PO et l’équipe de dev nécessite un vrai recul notamment pour réussir à se dire ce qui a moins bien fonctionné et une vraie discipline pour ne pas procrastiner ou se contenter des délais et tenir le Time Boxes… Mais le tableau de sprint nous rappelle sans cesse le travail qu’il reste à effectuer !

Pour autant, on n’est pas toujours seul et à la manière des équipes agile, je m’appuie sur des experts, soit du product soit des entreprises, que je sollicite assez régulièrement avant mes choix.

Les sprints et cérémonies

J’ai choisi de mettre en place des sprints d’une semaine, le délai s’est avéré le bon notamment concernant les retours de mes actions (mails, prises de contacts…) : ni trop court, pas de réponse d’un contact réseau au bout d’une semaine c’est à 99% mort, ni trop long pour conserver une certaine dynamique.

Il n’y a pas forcément de backlog très précis, même si une partie de mes notes intègre des retours ou idées sur les moyens d’approcher telle ou telle cible de choisir mes méthodes d’approche et de réponse. C’est surtout du au fait que mes notes me suffisent et que je n’ai pas forcément besoin de partager avec d’autres.

Concernant les cérémonies, j’ai décidé de faire une seule cérémonie review/retro mais j’ai gardé l’ensemble des autres cérémonies.

Tous les lundis, c’est le sprint planning. Il s’agit de définir l’objectif de la semaine et de planifier le travail.

L’objectif de sprint est primordial et c’est la partie qui me prend souvent le plus de temps pour éviter de mettre un « continuer »… Je me suis aperçu qu’il s’agissait souvent de mettre l’accent sur une des nombreuses actions à faire.

Les user stories sont remplacées par des thématiques/actions prioritaires (revoir le cv, travailler tel ou tel point, répondre à des annonces…). Un point est récurrent, je l’ai appelé gestion de la dette, et il intègre essentiellement le suivi des actions, notamment les relances.

Chaque action est divisée en plus petits morceaux si besoin et objectivée dès que pertinent, créant une Definition of Done : par exemple, l’action répondre à des annonces intègre un nombre d’annonces auxquelles répondre durant le sprint mais aussi le type d’annonce prioritaire.

L’ensemble est repris dans un tableau dessiné dans mon cahier d’avancement (mon jira à moi façon clairefontaine). Le tableau se compose assez classiquement de 4 colonnes :

  • En course qui reprend les thématiques
  • Taches qui divise, explicite ou objective les thématiques
  • En cours
  • Fait

Tous les matins, c’est stand up. Ici il consiste à reprendre le tableau se remémorer les éléments de la veille, revoir les notes prises en réunion ou rendez-vous et décider du travail de la journée en intégrant les autres obligations.

Les vendredis, c’est le jour de la review/retro. Elle est constituée d’un bref retour sur la semaine écoulé, notamment les faits marquants, les choses qui ont avancé celles qui n’ont pas avancé et les éléments à mettre en œuvre au prochain planning. Avec un notion de process (se lever plus tôt, se documenter sur tel ou tel sujet etc.).

Le suivi du produit/projet

J’ai éprouvé le besoin de monter un outil spécifique pour le suivi afin d’avoir un outil qui corresponde à mes besoins et ma recherche tout en restant simple. J’ai débuté par créer un « CRM » sur airtable afin d’y poser mes contacts, les entreprises, les actions à accomplir dans le suivi des démarches et les différentes candidatures : reponses à annonce et candidature spontanée. Il s’agit de tables qui ont des correspondances entre elle (contact vers société, annonce liée à société et contacts…).

Afin d’avoir un aperçu plus visuel des candidatures, elles sont présentées en Kanban avec les états « à faire », « en cours », « entretien RH », « entretien métier » et « mort ».

Le tableau des actions contient des deadlines avec les actions à engager ensuite (souvent des relances si pas répondu), la gestion de la dette consiste à suivre ces deadline. S’il est bien mis à jour (et c’est toute la difficulté), l’outil permet de gagner beaucoup de temps et d’effectuer les démarches assez rapidement pour se laisser plus de temps pour l’exploratoire.

Les résultats

Même si les ressorts de la recherche d’emploi et notamment de l’obtention du premier rendez-vous restent les mêmes (importance du réseau, aller chercher le marché caché…). La méthodologie employée me semble pertinente sur certains points.

Systématiser la démarche grâce aux outils de suivi

Les outils permettent une vision d’ensemble de tout ce qui a été produit et reste en cours. Une vision qui permet de ne rien oublier, mais aussi de tuer rapidement les actions « mortes ».

Les petites victoires c’est bon pour le moral

C’est le principe de l’agilité, dans un monde complexe et incertain, on découpe le travail en plus petits morceaux… Les objectifs de sprint mais aussi les tableaux de suivi permettent de voir l’avancée concrète et les réalisations. Voir les choses avancer est satisfaisant et permet de garder le moral… La recherche d’emploi c’est déjà assez dur.

Adaptation et pivot permanent : se concentrer sur les choses qui marchent, améliorer celles qui marchent moins.

Combien de fois entend-on des chercheurs d’emplois expliquer qu’ils envoient des CV et lettres de motivation sans aucun retour ? En fouillant un peu on s’aperçoit qu’ils reproduisent toujours les mêmes schémas et envoient des lettres quasi type pour les mêmes postes. L’inspection, via le sprint d’une semaine et notamment le sprint goal, permet de rapidement abandonner les initiatives qui ne marchent pas ou tout du moins de se poser très vite la question de l’amélioration et le retravail des éléments permettant aussi de se concentrer sur les pistes qui semblent les plus prometteuses.

Un état d’esprit qui s’insuffle dans tous les contacts.

L’état d’esprit agile s’est peu à peu intégré à l’ensemble de mes démarches, notamment lors des entretiens ou dans les lettres. Nous ne serons jamais le profil parfait et nous souhaitons initier une relation durable avec nos futurs employeurs, soyons transparent et honnêtes. De même, au fur et à mesure des entretiens, j’ai pris l’habitude de demander un feedback à chaud, celui-ci s’est avéré très constructif pour les entretiens au global mais aussi pour mon positionnement et pour affiner mon discours.

En termes de résultats bruts, j’estime que cette méthodologie me permet d’avoir 4 à 5 nouveaux contacts par semaine et a déclenché une dizaine d’entretiens sur un mois… Soit au minimum 2 fois plus qu’avant.

Et vous, suivez-vous une méthodologie spécifique ? Avez-vous des conseils pour les personnes en recherche ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *