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MVP : la grande confusion

Eric Ries définit le MVP (Minimum viable product ou produit viable minimum) comme “la version d’un produit qui permet d’obtenir un maximum de retours client avec un minimum d’effort”. Dans la pratique ce terme est souvent employé pour définir autre chose que ce qu’à voulu exprimer l’auteur, notamment la première mise en production du produit (le lot 0 ou lot 1). Une confusion qui vient essentiellement du choix du mot “produit” dans l’appellation et la définition, certains préfèrent alors employer le terme de “Minimum Viable Proposition”.

Le MVP n’est pas forcément un produit

Le MVP sert avant tout à tester une hypothèse en produisant le minimum d’effort. Tout l’art est de mettre en place la “quantité de produit” ou l’explication nécessaire qui pourra nous conforter ou pas dans la direction que nous souhaitons prendre. Et bien souvent ce n’est pas en construisant un morceau du produit final que nous ferons le moins d’effort pour réussir à tester nos hypothèses.

Ainsi le MVP peut prendre la forme d’un story board / une maquette que l’on présente au client, d’une video d’explication (comme ce fut le cas pour avant le lancement de Dropbox), d’une page d’insricption fantome etc. L’essentiel est de trouver le véhicule qui permettra de valider une hypothèse bien précise dans un minimum de temps et avec un minimum d’efforts.

On distingue 4 grands types de MVP dans le monde digital, mais libre à vous d’inventer le votre :

  • Le MVP “magicien d’oz” : il s’agit d’un service à l’apparence fonctionnelle mais dont le back office est “manuel”. Ainsi au lancement le créateur de Zappos allait lui même acheter les chaussures proposées sur sa page et les envoyait .
  • Le MVP “landing page” : une landing page présente le projet et propose l’inscription pour en savoir plus ou être averti du lancement. Ce type de mvp permet de mesurer l’appétence via les taux de conversion.
  • Le MVP “vidéo” : il s’agit d’une vidéo de présentation de votre produit.
  • Le MVP “email” : un simple email qui intègre un call to action pour mesurer la encore la conversion (taux de clic sur le CTA).

Dans tous ces cas, on est bien loin d’un produit commercial ou d’un service complet…

Comment définir son MVP ?

1- Définissez bien la question à laquelle le MVP doit répondre. Le MVP sert avant tout à obtenir la réponse à une question marché / utilisateurs en tout début de développement de l’idée. A ce stade, vous vous demandez si votre concept pourra rencontrer un public, si votre proposition de valeur est bien comprise, si les gens sont prêts à payer pour votre produit… Bref si votre idée est viable. Il sera très difficile de valider votre concept si vous poursuivez plusieurs objectifs. Choisissez donc une seule question, la plus difficile à appréhender pour vous, quitte a faire un nouveau MVP une fois celle-ci répondu.

2- Définissez au démarrage les condition de succès. Qu’allez vous mesurer au travers du MVP ? Y a-t-il un indicateur qui vous permettra de lever le doute sur votre question ? Comme dans toutes démarche de test, les conditions d’acceptation sont à prévoir en amont.

3- Choisissez le moyen le plus facile et le moins équivoque pour mesurer le résultat. Maintenant que vous connaissait la question et l’indicateur, choisissez le moyen le plus simple pour avoir la réponse. Surtout ne réfléchissez pas en “ré-utilisable” ou “première brique” mais bien en le moins cher, demandant le moins d’effort.

4- Une fois le moyen choisi, simplifiez. Quelles sont les informations minimum et développements nécessaires ? Pour chaque idée ou fonctionnalité essayez de voir si elle est indispensable pour atteindre votre but.

5- Testez et mesurez.

Pourquoi ne pas utiliser un produit développé comme MVP ?

3 raisons pour ne pas utiliser un lot 0 en MVP.

  • L’incertitude quant à la viabilité du projet. Le MVP arrive en tout début de projet et répond a des questions d’adoption très génériques, l’énergie et les couts d’un premier service abouti ne sont pas compatibles avec les risques liés à une mauvaise réponse du marché.
  • En phase de développement d’idée, il est primordial de valider rapidement la direction à prendre. Ici encore les délais de développements ne permettent pas d’aller assez vite.
  • L’objectif est de savoir si on est sur la bonne voie et donc d’être en capacité de pivoter, modifier son idée de départ si les conditions ne sont pas réunies. Plus on investit, temps, argent, affect, dans une solution plus il est difficile d’en changer.

Alors proposition ou produit ?

Comme souvent tout dépend du produit et de son stade développement. Nouveau produit et/ou entreprise naissante le MVP ne doit surtout pas être un produit fonctionnel (la proposition). Il doit servir a valider le concept. En revanche si le produit est déjà existant que les ressources sont là que le “risque” de non acceptation est plus faible alors on peut considérer lancer des développements (le produit) pour tester directement l’usage. Quelque fois on est même obligé de lancer le produit minimum car il n’y a pas d’autres moyens que de se confronter au marché.

Dans la pratique, l’essentiel est que l’ensemble des équipes en charge du produit soit bien au fait de ce qui est associé à MVP, qu’il s’agisse d’une première version du produit ou… d’autre chose.

Au final peu importe comment vous l’appelez, le plus important est de s’assurer de mettre en place des systèmes permettant d’avoir un retour client le plus fréquemment et le plus en amont possible.

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